Les lectures de Fabienne

Lecture de vacances. Deux livres très différents et pourtant très proches l’un de l’autre. Deux premiers romans, deux autrices et d’une certaine façon, deux contes. 

Le Contrat de Maureen Demidoff (éd. Ateliers Henry Rougier). A l’âge de 7 ans, Nina est promise par sa famille à un homme de 30 ans son aîné. Elle l’épousera quand elle aura 20 ans. Mais l’homme est mis en prison, s’évade et s’évanouit dans la nature. Comment alors honorer le contrat et sauver l’honneur de sa famille ? C’est d’une triple quête dont il est question : la fidélité à ses parents, le respect de la tradition (ici on parle plutôt de coutume) et le poids de la famille. J’ai beaucoup aimé la narration fluide, pas d’effets de manche, pas de « prêchi prêcha » ainsi que le propos de Maureen Demidoof qui livre une réflexion très intéressante sur la place des femmes dans certaines sociétés, le prix de leur liberté et les limites de l’amour parental. Elle n’est jamais donneuse de leçon, son roman se lit comme un conte… bien éloigné des contes de fées. 

Pour le deuxième j’avais été interpellée par le titre Le Syndrome de l’accent étranger de Mariam Sheik Fareed (ed. Philippe Rey). L’histoire commence dans le métro parisien quand Alexandre oublie son ordinateur que va trouver Désiré, un balayeur d’origine Mauricienne. Dans cet ordinateur se trouve le premier chapitre d’un roman. Désiré va accepter de rendre l’ordinateur à la condition qu’il puisse lire la suite... J’ai ressenti un immense plaisir à lire ce roman où il est question de lecture, d’écriture, de la construction d’un roman, de rencontres improbables. On oscille en permanence entre le rire et les larmes, la grisaille parisienne et la nostalgie d’une île lointaine. On découvre l’île Maurice, endroit et envers du décor, ses expressions créoles. Voilà un roman plein de gaieté, de joie de vivre où l’écriture est luxuriante comme on imagine que la végétation mauricienne puisse l’être. Un vrai bonheur dont on n’a pas envie qu’il s’arrête même si comme le dit Désiré « … sa mère lui avait appris très tôt que les choses se finissent. Et que c’est bien ainsi. Il le faut pour qu’elles puissent s’en aller ailleurs. » 

Fabienne