Fermeture pour congés du 4 au 9 janvier inclus. Nous vous souhaitons une très bonne année 2021 !

Alex-Mot-à-Mots

https://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Les Oxenberg & les Bernstein

Catalin Mihuleac

Les Éditions Noir sur Blanc

22,00
26 janvier 2021

1939-1945, Roumanie

Nous suivons la famille de Jacques Oxenberg qui n’échappe pas au pogrom du 27 juin 1941 dans la petite ville roumaine de Iasi. Ce furent des pages difficiles à lire.

Chaque chapitre alterne avec le récit de l’arrivée de Suzy dans la famille Bernstein depuis sa Roumanie natale. Elle se marie avec l’un des fils, Ben, et est chargé de développer le commerce avec son pays d’origine. Mais sa belle-mère Dora reste une énigme.

Heureusement, son beau-père Joe se prend d’amitié pour Suzy et lui raconte parfois ses souvenirs.

L’histoire de Suzy adopte un ton décalé parfois drôle. Grâce à elle, le commerce des vêtements de seconde main, pardon il faut dire vintage, n’a plus de secret pour nous.

Les chapitres sur la famille Oxenberg sont plus dramatiques. Et même si j’ai fini par me douter de l’identité de la belle-mère Dora, j’ai lu ce roman jusqu’au bout, qui révèle encore des surprises jusqu’à la dernière ligne.

J’ai parfois été gêné dans ma lecture par le ton antisémite de l’époque et par la volonté de Suzy de trouver des Juifs de talent partout. C’était trop vouloir ramener chaque grand homme à sa religion.

J’ai aimé les leitmotiv de la narration : les canards jaunes au bec orange de Golda – l’importance des talons de chaussures où certains cachent leur trésor – les machines à coudre Singer (prononcer à l’allemande comme un chanteur) – l’importance de la story pour vendre tout et n’importe quoi.

Deux familles qui me resteront longtemps en mémoire.

Quelques citations :

Pour ouvrir une boutique de nos jours, tu dois connaître par coeur les histoires d’antioxydants. Les histoires d’antioxydants se vendent bien. Le vin rouge, le thé roïbos, les condiments, n’importe quoi. C’est comme ça que tu vendras n’importe quelle connerie. p.150

On ne peut pas emmener son pays à la semelle de ses chaussures. Mais il reste toujours quelque chose dans le talon. (p.292)

L’image que je retiendrai :

Celle des corps nus qui jonchent les rues de la ville, et que voit Golda qui deviendra une excellente couturière.

https://alexmotamots.fr/les-oxenberg-les-bernstein-catalin-mihuleac/

L'anomalie, Roman
20,00
26 janvier 2021

vie moderne

Le Prix Goncourt 2020 est un roman passionnant qui, malgré le nombre de ses personnages, ne perd jamais son lecteur.

J’ai aimé suivre chacun, aux États-Unis, en France ou dans le monde ; découvrir leur vie, leur secret parfois. Des vies comme les autres qui vont être bouleversées par l’arrivée d’un autre soi.

J’ai aimé les différentes façons de réagir : acceptation ou refus, amitié ou détestation.

J’ai aimé les deux ex-étudiants qui ont imaginé le protocole 42 qui ne devait jamais servir.

J’ai été étonnée que cette anomalie finisse dans le flot général de la vie, comme effacée des mémoires.

J’ai souri lorsque les présidents font leur entrée dans le récit : Jinping et son culte du secret, Macron et sa jeunesse.

J’ai aimé la veuve auto-proclamée de l’écrivain qui disparaît lorsque celui-ci revient.

Un roman qui pose la question des choix que nous faisons dans nos vies.

Une citation :

Les deux guerriers les plus puissants sont la patience et le temps. (D’après Guerre et paix) p.310

L’image que je retiendrai :

Celle du grand hangar qui abrite les passagers du vol de juin.

https://alexmotamots.fr/lanomalie-herve-le-tellier/

Ronde de nuit
26 janvier 2021

1939-1945, Londres

Les rondes de nuit dont il est question dans ce roman ne sont pas celles de Patrick Modiano à Paris, mais celles de deux londoniennes pendant les bombardements de nuit.

Si j’ai aimé Du bout des doigts de cette autrice, je ne peux pas dire que ce roman m’ait convaincu.

D’abord parce que les personnages ne m’ont pas parlé : Quel fantôme du passé hante Helen qui subit, désemparée, le lent délitement de sa liaison interdite avec Julia, une jeune auteur à succès rencontrée pendant la guerre ? Pour quelles raisons Kay, une ancienne héroïne du Blitz, erre-t-elle désormais, inconsolable, dans les rues de la ville ? Pourquoi Viv, une jeune femme douce et glamour, ne parvient-elle pas à quitter son amant, un ancien soldat marié et père de famille ? Quel secret cache Duncan, l’intrigant petit frère de Viv, en se réfugiant dans le monde de l’enfance et en refusant tout échange avec l’extérieur ?

Trop de questions, pas assez de réponses.

Mais ce roman est intéressant car nous suivons Kay et Mickey pendant leurs sorties dans Londres après les bombardements : l’autrice a très bien décrit les lieux et les atmosphères de ces nuits particulières.

Bien sûr, il y est question d’homosexualité, et dans les années 1940-50, on se doute que cela ne devait pas être simple.

Une lecture intéressante du point de vue historique.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’alliance que Kay et Helen s’échangent en secret.

https://alexmotamots.fr/ronde-de-nuit-sarah-waters/

The Cry
18,00
26 janvier 2021

parentalité, vie moderne

Nous suivons Joanna qui vient de perdre son bébé, et Alexandra, l’ex-femme d’Allistair.

Ces deux femmes n’ont en commun qu’Allistair, homme ambitieux qui ne pense qu’en termes de stratégies politiques, étant l’étoile montante de son parti en Écosse.

Pauvre Joanna, seule dans un pays étranger avec ses doutes et ses remords, qui va peu à peu ouvrir les yeux sur son compagnon.

Il est encore une fois question de mensonges, cette fois-ci au sein du couple. Des mensonges qui ravagent la confiance en elle de celle qui est flouée.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’arbre syzygium dont les baies rouges se cuisinent en confiture amère que Joanna mange pour se punir.

https://alexmotamots.fr/the-cry-helen-fitzgerald/

Les enfants du silence, Roman
19,00
26 janvier 2021

Corée du Sud

Outre les groupes de K-Pop, je ne connais de la Corée du Sud que les costumes colorés traditionnels et le PIB exponentiel.

Et puis Oppa, Gangnam style, bien sûr.

J’ai lu cet année un polar coréen, c’est à peu près tout.

J’ai donc plongé dans ce roman sans a priori.

Le personnage principal se retrouve dans une ville de province pleine d’une brume épaisse, dans une étrange école pour sourds.

Le premier soir, il entend des cris dans les toilettes des filles mais la porte est fermée à clé.

Proche de ses élèves, ils se confient peu à peu à lui et Inho découvre le pot-aux-roses.

Grâce à une amie d’enfance, l’affaire éclate au grand jour et se retrouve devant les tribunaux.

Mais c’est sans compter sur la corruption endémique qui ravage le pays, et le mensonge, toujours.

Une lecture qui énerve car les accusés se défendent corps et âmes alors que leurs crimes sont impardonnables.

Une lecture qui énerve car la corruption financière touche aussi le fond des êtres.

Un roman basé sur une histoire vraie.

Quelques citations :

Yujin réfléchit longuement à la question suivante : qu’est-ce qui est le plus effrayant dans ce monde ? Elle pense avoir trouvé la réponse : le mensonge, tout simplement. p.232

Mais la vie puis la mort de mon père m’ont fait prendre conscience de ma valeur : je suis fière d’être qui je suis malgré cette perte. p.251

L’image que je retiendrai :

Celle des friandises que les coupables offrent aux victimes pour les faire taire, car les repas de la cantine sont trop mauvais.

https://alexmotamots.fr/les-enfants-du-silence-ji-young-gong/