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Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Une douce lueur de malveillance
13 mars 2020

meurtres, psychologie

Je ressors de la lecture de ce roman, comment dire…. mal à l’aise.

D’abord parce qu’il raconte : une famille américaine en pleine déliquescence depuis la mort suite à un cancer de la mère. Le fils aîné part faire ses études, et le second tombe dans la drogue.

Le père, psychologue, s’enfonce peu à peu dans la recherche d’un tueur en série avec l’aide d’un de ses patients Aqil. Etrange homme, par ailleurs.

N’oublions pas la famille du père : son frère adoptif juste libéré de prison pour le meurtre des parents et pour lequel il a été innocenté ; sa cousine Kate qui l’appel sans cesse ; et le mystère du meurtre de leurs parents toujours pas résolu.

Qui a menti ? Dustin et Kate pour charger Rusty ? Rusty qui se sent coupable depuis la mort de sa propre mère dans un incendie dont il ne sait pas si c’est lui qui l’a allumé ?

Tout ceci est bien embrouillé, n’est-ce pas.

N’oublions pas la narration chorale avec les pensées et les voix de Dustin ou de son second fils (et la disparition de son ami Rabbit).

La voix de Dustin, justement, qui ne termine jamais ses phrases et qui, parfois, s’absente en pensée.

Un roman où l’attente est le maître mot : la femme de Dustin a attendu trop longtemps avant de parler de sa maladie fatales à ses enfants ; Dustin lui-même a attendu trop longtemps avant de parle rà sa femme de la libération de son frère.

Et puis ce mantra de Dustin à ses patients : Le Tao dont nous parlons n’est pas le vrai Tao (de Lao Tseu ?!)

N’oublions pas que Dustin a rédigé sa thèse sur les faux souvenirs d’abus sataniques.

Un roman qui pose la question de la mé-moi-moi-re.

L’image que je retiendrai :

Celle du bruit des roulements de skate qu’entend Dustin quand il ne va pas bien. Un bruit obsédant.

https://alexmotamots.fr/une-douce-lueur-de-malveillance-dan-chaon/

Le Parfum d'Adam
13 mars 2020

enquête, virus

Cette lecture ne pouvait pas mieux tomber en pleine psychose Covid-19.

Sauf que dans ce roman, le bon peuple ne se doute pas un instant de ce qui le menace.

Un groupuscule écologiste mondial a développé une souche résistante du choléra.

Heureusement, un accroc à leur plan permet à une agence privée d’agent secret de remonter la piste.

J’ai aimé que l’auteur me promène de la Pologne au Cap-Vert, de Rhode Island au Brésil en passant par Paris et Londres.

J’ai été moins sensible aux nombreux paragraphes sur les beautés de la nature et autres jeux d’agents secrets.

Mais j’ai tout de même appris l’existence de la mouvance de l’écologie profonde qui ne vise pas tant à réduire son empreinte écologique qu’à supprimer les populations pauvres pour maintenir son niveau de vie.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’agente Kerry qui sait si bien jouer la comédie.

https://alexmotamots.fr/le-parfum-dadam-jean-christophe-rufin/

Le Dernier Lendemain
4 mars 2020

Los Angeles, policier

J’avais adoré l’excellent De bons voisins, un peu moins le suivant Emergency 911.

Le troisième roman traduit de cet auteur américain nous plonge dans le Los Angeles en 1952.

Un garçon de treize ans abat son beau-père d’une balle dans la tempe. Il essaie de faire passer son geste pour le crime d’un tueur en série en gravant sur le front du cadavre un symbole inspiré d’une de ses BD favorites, mais la supercherie ne trompe pas longtemps la police.

Une amie de sa mère, comme elle prostituée occasionnelle, fait chanter le procureur chargé de l’affaire pour qu’il innocente l’adolescent. Elle ignore qu’elle enclenche un engrenage infernal.

Quelques jours plus tard, Eugene Dahl, le créateur de la BD incriminée, reçoit une lettre de menace. Suivant les instructions, il se rend dans une chambre d’hôtel. Ce qu’il y découvre va irrémédiablement changer sa vie.

N’oublions pas le policier chargé de l’enquête, veuf depuis peu, qui s’enfonce petit à petit dans la drogue, persuadé qu’il peut s’en sortir à tout moment.

La fille du gangster La Machine de la côte est qui met son grain de sel dans l’histoire sur ordre de son père.

Une belle galerie de personnages pris dans une mécanique implacable qui les dépasse.

Une écriture au cordeau qui vous tient en haleine jusqu’au bout, le rythme allant en s’accélérant.

Un auteur brillant.

L’image que je retiendrai :

Quasiment tous les personnages, à un moment ou à un autre, se passent la langue sur les lèvres.

https://alexmotamots.fr/le-dernier-lendemain-ryan-david-jahn/

La démence sera mon dernier slow
4 mars 2020

nouvelles

Quelle plaisir de retrouver l’auteur et la ville de Strasbourg pour son dernier recueil de nouvelles.

Des nouvelles, vraiment ? Je me suis posée la question tout au long de ma lecture.

J’ai aimé l’humour et le ton franchement décalé (un fils qui s’appelle Masturbin, un ballon de rugby qui ne redescend jamais du ciel, un plongeur coincé à 5 mètres).

Le livre s’ouvre devant la bibliothèque de Strasbourg et se clôt sur le parvis de la cathédrale.

Dès la première histoire, on est dans le ton du politiquement correct. Un régal !

Bref, si vous souhaitez voir nos concitoyens d’un point de vue neuf, ce livre est pour vous !

L’image que je retiendrai :

Celle de l’adolescent demandant à son père, le colonel de lui passer la moutarde.

https://alexmotamots.fr/la-demence-sera-mon-dernier-slow-arnaud-modat/

La cité des rêves
4 mars 2020

policier, Pologne

Quel plaisir de retrouver Le Kube (Jakub Mortka) et son acolyte La Sèche sur une nouvelle enquête.

Un des élégants quartiers en vase clos de Varsovie, un petit paradis sur terre dont rêvent tous les polonais se trouve brutalement plongé dans le drame : ce matin, au pied des immeubles modernes tout confort, le gardien a découvert le cadavre d’une étudiante en journalisme.

Pour Mortka, chargé de l’enquête avec l’aide de la lieutenante Suchocka, le coupable semble d’abord tout désigné.

Mais ce qui paraît simple va prendre à mesure des investigations la portée d’un vaste scandale.

Ici, comme dans une Pologne en miniature, politique et mafia, sexe et drogue, ambitions et aspirations, secrets et rêves parfois meurtriers se rencontrent…

N’oublions pas Kochan qui reprend du service dans un tout petit bureau dans lequel son chef lui a laissé pleins de cold-case. Contre toute attente, Kochan se prend au jeu et résout quelques affaires vieilles de plus de 5 ans.

J’ai aimé le ton parfois décalé du Kube, notamment lorsqu’il se gare n’importe où dans la Cité, entrainant les foudres d’un propriétaire de SUV qui lui fait des misères.

J’ai souris lorsque les gros bras entraient en action, sans délicatesse (ce n’est pas ce qu’on leur demande) et sans suite dans les idées.

J’ai aimé la vision du monde politique polonais de l’auteur ; sa vision du monde journalistique.

J’ai eu de la peine pour la jeune femme de ménage ukrainienne soupçonnée du meurtre. Les ukrainiens ne sont pas aimé des polonais à cause des massacres de Volhynie.

Et cette fin qui m’a mise sur les dents. Vite, la suite !

Quelques citations :

Puis était venu le temps du réarmement moral, après que les politiciens se furent rendu compte qu’il était plus facile de gagner les élections en parlant de valeurs et non de croissance du produit national brut.

Des journalistes au chômage, précisa Ostrowski. Qui signeront la première connerie venue pour qu’ils puissent gagner leur vie et se faire un nom.

Marek avait bien vu comment le système fonctionnait dans sa ville natale et il reconnaissait les mêmes mécanismes dans le petit monde des start-up. Seul comptait celui qui avait la mains sur le pognon, et comme la principale source de pognon était l’Union européenne, tout ramenai à la politique.

L’image que je retiendrai :

Celle du parking de la Cité, trop petit pour toutes les grosses voitures des propriétaires.

https://alexmotamots.fr/la-cite-des-reves-wojciech-chmielarz/